EDITH WONG-HEE-KAM
Une grande dame s’en est allée le 1er juin 2026. Historienne, sinologue, auteure de nombreux ouvrages, Édith Wong-Hee-Kam était issue d’une famille chinoise hakka originaire du district de Meixian, dans le sud de la Chine, elle a consacré l’essentiel de ses recherches à l’histoire de la communauté chinoise de La Réunion et, plus largement, aux relations entre la Chine et l’océan Indien. Passionnée par ses origines et par la civilisation chinoise, ses ouvrages ont permis de faire connaître une partie longtemps méconnue de l’histoire réunionnaise : celle des migrants chinois, de leur intégration, de leurs activités commerciales et de leur contribution à la société créole. Dans son ouvrage majeur, « La Diaspora chinoise aux Mascareignes : le cas de La Réunion », elle analyse l’installation des Chinois à La Réunion aux XIXe et XXe siècles, leurs réseaux familiaux, leur intégration culturelle et leur rôle économique. Il demeure une référence pour tous ceux qui travaillent sur l’histoire réunionnaise et la diaspora chinoise. Elle a également étudié l’engagisme chinois après l’abolition de l’esclavage, montrant les conditions souvent difficiles de ces travailleurs recrutés en Chine pour les plantations de l’océan Indien. Elle a participé à la valorisation du patrimoine culturel chinois de l’île. Elle a aussi écrit des essais sur la pensée chinoise, notamment sur Confucius, ainsi que plusieurs romans inspirés de l’histoire des migrations et des liens entre la Chine et La Réunion. Édith Wong-Hee-Kam a contribué à réintégrer pleinement la composante chinoise dans le récit de l’histoire de l’île. Ses recherches montrent que l’identité réunionnaise s’est construite par la rencontre de plusieurs mondes — européen, africain, malgache, indien et chinois — et que la communauté chinoise a joué un rôle bien plus important qu’on ne le reconnaissait autrefois. J’ai eu la chance de la connaitre, de partager des repas avec elle, de voir combien elle aimait sa famille, combien elle était à l’écoute, et comment elle savait être drôle. Merci Madame.
JCL

C’était en 2013, nous nous étions rencontrés pour échanger sur ses travaux.
